IA et digitalisation des PME : ce que révèle le baromètre France Num 2026

A retenir :
40 % des TPE-PME françaises utilisent désormais l'intelligence artificielle, x3 en deux ans.
Les entreprises qui ont investi dans leurs outils d'IA en tirent nettement plus de bénéfices.
44 % pilotent encore leur activité avec un tableur : leurs données sont une mine inexploitée.
Comme tous les ans, nous découvrons avec intérêt le baromètre France Num, une étude gouvernementale qui prend le pouls de la transformation numérique des petites et moyennes entreprises. L'édition 2026 nous intéresse particulièrement car l'évolution la plus évidente est l'adoption à grande échelle de l'intelligence artificielle dans une optique professionnelle.
Quels enseignements peut-on en tirer, et comment adapter notre offre en tant que prestataire fournisseur de solutions numériques ? Voici les points importants que nous en retenons.
1. L'IA est devenue un réflexe
40 % des TPE-PME utilisent au moins une solution d'IA (ChatGPT, Claude, Mistral ...), soit trois fois plus qu'en 2024 (13 %). Chez les PME, on passe de 34 % à 53 % en un an.
Tous les secteurs adoptent l'intelligence artificielle, mais pas au même rythme : 72 % dans le numérique contre 30 % dans le bâtiment, 29 % dans le transport-logistique et 18 % dans l'agriculture. Dans ces secteurs, la marge de progression est énorme et le potentiel important, surtout que le numérique peut permettre d'alléger la pénibilité de ces métiers.
2. On s'en sert surtout pour écrire, moins pour transformer l'organisation
Les usages les plus fréquents sont la génération de contenus (34 %) et les assistants conversationnels ou chatbots (24 %). Ceux qui touchent au fonctionnement même de l'entreprise restent minoritaires :
- analyse et classement de documents : 13 % ;
- automatisation de tâches : 11 % ;
- analyse de données et prévisions : 9 %.
C'est là que se trouve la prochaine étape : une IA qui rédige un e-mail fait gagner quelques minutes, alors que celle qui traite vos documents ou automatise vos process fait gagner des heures chaque semaine.
3. Payer pour ses outils change la perception de l'IA
68 % des entreprises utilisatrices jugent que l'IA a un impact positif sur leur activité. Ce chiffre monte à 84 % chez celles qui utilisent des solutions payantes. Pourtant, seules 19 % des TPE-PME (32 % des PME) paient pour de l'IA.
Prudence cependant sur l'interprétation : le baromètre montre une corrélation et non une causalité. Les entreprises qui paient sont aussi souvent plus grandes et mieux outillées d'un point de vue numérique. Mais l'écart est assez net pour retenir ceci : un outil gratuit utilisé sans grande réflexion ne produit pas les mêmes résultats qu'un outil qui aura été sélectionné et paramétré avec soin pour votre activité.
4. Les métiers de terrain restent hésitants malgré le potentiel de croissance
71 % des dirigeants estiment que le numérique apporte un bénéfice réel (7 points de moins qu'en 2025). La chute est marquée chez les TPE, et dans le bâtiment (61 %), le transport-logistique (60 %) et l'agriculture (52 %). Les PME restent à 83 %.
Dans le même temps, seules 21 % des entreprises ont suivi une formation au numérique. Un outil mal adapté, mal pris en main ou jamais rentabilisé abîme la confiance des collaborateurs. C'est un signal à ne pas négliger : il ne s'agit pas simplement d'équiper, mais de se doter des outils adaptés.
Les activités qui ont le plus à gagner sont également celles qui se méfient le plus du numérique : chantiers, flottes, stocks, planification... Leur quotidien est fait de tâches concrètes, répétitives et très documentées, exactement ce qu'un logiciel bien conçu prend en charge. Le doute vient rarement de l'idée, plutôt d'outils génériques qui ne collent pas au terrain.
C'est le cas des Transports Jontrans, spécialistes du transport et du stockage de conteneurs : leurs équipes utilisent au quotidien un logiciel sur mesure pour gérer le parc, une application mobile pour les caristes et des documents dématérialisés.
5. Vos données sont une mine d'or à exploiter
76 % des TPE-PME disent piloter leur activité avec leurs données. Mais avec quel type d'outil ? Un logiciel métier pour 51 %, un tableur pour 44 %, et l'IA pour seulement 5 %.
Chaque entreprise accumule pourtant une matière précieuse : ventes, production, délais, retours, historique de chaque client. Dans un tableur, cette matière se consulte mais elle est mal exploitée et circonscrite à quelques utilisateurs avertis.
Trois étapes peuvent changer la donne :
- Centraliser : saisir une seule fois, au même endroit, au plus près du terrain (une application mobile pour les équipes, par exemple), plutôt que de recopier d'un fichier à l'autre.
- Choisir les indicateurs les plus "parlants" : marge par client, délai moyen de traitement, taux de retour, chiffre d'affaires par commercial... Les bons KPI dépendent de votre métier. Quelques indicateurs suivis chaque semaine valent mieux qu'une cinquantaine jamais consultés ni compris.
- Les afficher dans un tableau de bord mis à jour en temps réel, lisible en un coup d'œil, qui montre où agir.
L'IA ajoute une couche utile : elle peut être exploitée pour repérer les signaux faibles. Un délai de livraison qui s'allonge de 2 % par mois, un client dont les commandes s'espacent, une machine dont les incidents se rapprochent : ce sont des dérives trop lentes pour être vues à l'œil nu, mais visibles dès que les données sont propres et regroupées. Seules 9 % des entreprises utilisent l'IA pour l'analyse de données et la prévision : un avantage stratégique pour celles qui s'y mettent dès à présent.
6. Les petites entreprises vulnérables contre les cyber-attaques
39 % des TPE-PME ont subi un incident cyber en un an (principalement par hameçonnage, 18 %), et 53 % des dirigeants craignent de perdre ou de se faire voler des données. Dans près de deux cas sur trois (65 %), elles règlent l'incident seules. Seules 39 % utilisent l'authentification multi-facteurs et 67 % sauvegardent leurs données à l'extérieur.
Plus vos outils sont connectés à vos données, plus il compte de savoir où ils sont hébergés et qui s'en occupe. Chez Bakino, nous hébergeons nous-mêmes les applications de nos clients, sur des serveurs situés en France et dans l'Union européenne. Une infrastructure à taille humaine, maîtrisée de bout en bout, est moins exposée que les grandes plateformes, cibles privilégiées des attaques de masse. Le risque zéro n'existe pas, mais nous appliquons les bonnes pratiques de sécurité et des sauvegardes régulières : en cas de problème, vos données sont préservées et votre outil peut être redéployé rapidement.
7. Le budget numérique recule, mais les projets restent nombreux
33 % des TPE-PME n'ont engagé aucune dépense numérique, 8 points de plus qu'en 2025. Pourtant, 78 % ont des projets pour 2026-2027. Alors que la facturation électronique a occupé le devant de l'affiche cette année (39 %), la priorité est l'achat de logiciels (26 %), devant la formation (21 %), le matériel (19 %) et l'IA (18 %).
Autrement dit, les dirigeants veulent s'équiper mais les contraintes budgétaires pèsent lourd. Cependant, un logiciel métier sur mesure n'est pas forcément hors de portée : le budget médian de nos projets est de 4 875 €, et la moitié ont coûté moins de 5 000 € (détails dans notre article combien coûte un logiciel métier sur mesure). C'est investir dans un outil qui vous appartient, adapté à votre métier, en comparaison à des abonnements qui s'accumulent et qui s'apparentent à de la location.
À noter aussi : 84 % des dirigeants disent privilégier un prestataire français ou européen pour leurs services numériques. Ca tombe bien : nous sommes une agence de développement logiciel à Lyon !
Comment tirer parti des évolutions numériques dès maintenant
Commencez par identifier une tâche qui vous fait perdre du temps. Ressaisie de données, tri de documents, relances, devis, réponses répétitives aux clients : listez ce qui revient chaque semaine. C'est là que l'IA et l'automatisation rapportent le plus. (Nous en parlions déjà dans notre article sur les entreprises qui hésitent à digitaliser.)
Sortez du tableur quand il devient une vulnérabilité. Un tableur partagé par trois personnes, avec des formules que seul un collègue comprend, est un risque. Un logiciel adapté à votre métier fiabilise les données, alimente un tableau de bord avec vos indicateurs clés, et permet d'y brancher de l'IA pour repérer les dérives.
Faites de l'IA une fonction de vos outils, pas un onglet de plus. Chez Bayrol, l'application My Pool Expert intègre un assistant IA disponible 24 h/24 pour répondre aux questions des utilisateurs : l'IA est là où les gens en ont besoin, pas dans un outil à part.
Ne négligez pas la sécurité. Authentification renforcée (seulement 39 % des entreprises l'utilisent), sauvegardes externes, gestion des droits : à prévoir dès le départ pour éviter les mauvaises surprises.
Choisir les bons outils et les bons partenaires
Le baromètre le confirme sur un point : les dirigeants se tournent d'abord vers leur expert-comptable (41 %) et leurs prestataires (37 %) pour se faire conseiller. Le choix du partenaire pèse donc autant que celui de l'outil, et la proximité compte encore : 42 % des dirigeants préfèrent un prestataire local.
Un bon partenaire vous aide à répondre aux problématiques métier avant d'écrire la moindre ligne de code : quel problème résout-on, quel gain peut-on mesurer, et quelle part de la solution doit être sur-mesure plutôt que standard ? Il sait aussi dire quand l'IA n'apporte rien, et quand un outil existant suffit.
C'est la façon dont nous travaillons chez Bakino : plus de 20 ans d'expérience en logiciels métier, une approche pragmatique de l'IA, utilisée pour maintenir et moderniser des applications existantes plus vite et à moindre coût, ou intégrée à vos outils lorsque cela a du sens. Si vous voulez savoir par où commencer, parlons-en ou estimez votre budget en quelques minutes.
Source : Baromètre France Num 2026, DGE / France Num, enquête Crédoc auprès de 9 655 TPE et PME, mars-avril 2026, marge d'erreur inférieure à 1 %. Illustration : France Num, image générée par IA, licence Etalab 2.0.